Test Rétro : Ardy Lightfoot - Super Nintendo

Test Rétro : Ardy Lightfoot - Super Nintendo
Voici un nouveau test retro ! Et aujourd'hui, c'est d'Ardy Lightfoot dont on va parler.

Il s'agit là d'un jeu de plate-forme peu connu sur Super Nintendo.

Sorti en Octobre 1994 chez nous, ce jeu a été développé par ASCII Entertainment et édité par Titus

Ardy Lightfoot est un jeu plutôt méconnu, plus particulièrement en France. Bien qu'il s'agisse d'un jeu japonnais, celui ci n'a pas été victime de la malédiction européenne qui s'étend principalement des années 80 au début des années 2000. (Oui, malédiction européenne, c'est le terme que j’emploie pour parler de tous ces jeux japonnais qui n'ont pas été importé et localisé.). Je n'ai d'ailleurs appris l'existence de ce jeu de plate-forme que cette année.

                               
 

Emeraudes et princesse.

Commençons donc par une rapide présentation du soft et de son héros. Ardy est une sorte de chat/renard anthropomorphique. Visuellement, ça se traduit par un mix entre Conker et Bubsy habillé d'une salopette. Au cours d'une de ses ballades, il trouve un parchemin prophétique racontant que l'arc-en-ciel sacré a été brisé. Quiconque réunira les 7 pierres de l'arc-en ciel (Chaos Emerald ? Hein ? Quoi ? Ah, non, ça, c'était dans le test précédent.) se verra alors accorder un vœu. Évidemment, tout ne sera pas si simple puisqu'un vilain méchant nommé Vistconti vous mettra des battons dans les roues en espérant récupérer les pierres, envoyant ses sbires, faisant office de boss, et kidnappant au passage votre copine. J'avoue que, en commençant le jeu, et après ce que l'intro annonçait, je m'attendais à quelque chose de plus original. Pourtant, le jeu se targue de petites cut-scenes et autres éléments de mise en scène plutôt appréciables pour nous amener les différents événements perturbateurs et péripéties au cours de l'aventure. Mais au final, on réalise qu'il faut simplement délivrer la princesse et ramasser les émeraudes avant le méchant. Mario et Sonic en fin de compte... C'est dommage, même si la majorité des scénarios des jeux de plate-forme des années 80/90 ne brillent pas par leur richesse.
 

Ardy petit !

Ardy part donc à la recherche des pierres, accompagné de son ami Pec. Pour ceux qui ont vu le film Willow, j'avoue que ça m'a fait rire. Pec ! Pec ! Pec ! Pec ! Pec ! Hum... Bref ! Pec est une petite boule bleue style kirby qui, en dépit des apparences, est assez important. C'est une arme, un point de vie et un item à la fois.

                                               

Premièrement, Pec peut être balancé sur les ennemis en guise d'attaque à distance. Même s'il ne va pas très loin et que sa trajectoire est assez restreinte, ça peut s’avérer pratique. En revanche, et j'en viens à sa deuxième caractéristique, quand Ardy se fait toucher une première fois, Pec disparaît, laissant son acolyte mortellement vulnérable. Vous ne pouvez donc vous faire toucher que deux fois avant de mourir, mais vous pourrez retrouver Pec dans des coffres. Lorsque le niveau l'exige, vous trouverez dans ces mêmes coffres des Pec spéciaux. Un rouge permet par exemple de détruire certaines parois, et un rose, de se déplacer dans les airs, à l'instar de Rayman, à travers des niveaux assez piquants.
 

Concernant Ardy, en plus du saut de base, il peut effectuer un pogojump, tel l'oncle Picsou dans Ducktales. S'effectuant presque comme un double saut (il faut maintenir après avoir appuyer une deuxième fois sur saut pour rester en pogojump et lâcher une fois au sol pour rebondir) il permet non seulement à Ardy d'aller plus haut et plus loin, mais constitue aussi son unique attaque. Si vous voulez finir le jeu, il sera essentiel de le maîtriser. Et pour peu qu'on ait une manette un brin vieille, ça n'aide pas. Ardy possédé également un miroir en guise de bouclier. Parfois utile contre les ennemis mais on en revient souvent à l'oublier tant le jeu repose sur la plate-forme. Il faudra aussi bien cerner le système de course, car Ardy se met à courir tout seul au bout de quelque pas. C'est assez bizarre car la plupart des jeux du genre avaient une touche dédiée pour courir, mais ça peut aussi être pénalisant et donner lieu à quelques morts si ce n'est pas anticipé.
 

Tiens ! Crèves !

Ah, mince ! J'avais oublier de dire que Ardy Lightfoot est un jeu bien difficile et que les morts, il va y en avoir à la pelle (C'te jeu d'mots!). En fan de plate-forme un brin maso, je pourrai dire que la difficulté est progressive et bien dosée, mais non, ce ne serai pas objectif. Pour être franc, presque la moitié du jeu, c'est du die-and-retry. Et oui, patience et acharnement seront encore une fois nécessaires. Mais c'est bien amené ! Les premiers nivaux sont assez faciles, permettant ainsi de s'habituer à la maniabilité d'Ardy . C'est au bout de trois quart d'heure, un peu avant la motié du jeu que la difficulté commence à se faire ressentir, pour aboutir sur un premier pic de die-and-retry. Je pense notamment à la pyramide. Puis après, ça se radoucit. C'est pas aussi facile qu'avant mais on reprend plutôt tranquillement notre progression dans des niveaux assez plaisants. Quelques boss viendront tenter de vous piquer des émeraudes, sympas à battre, originaux parfois et pas trop difficiles dans l'ensemble. Puis on arrive sur la dernière île... et on pleure...

Honnêtement, préparer vous à souffrir ! Et pour une heure je dirai ! Oui, ça fait un tiers du jeux ! Et pour quatre niveaux plus le boss, sachant qu'il y en a au total dix-sept. Il vous faudra de l'adresse, de la mémoire et beaucoup de sang-froid. Apprentissage de patterns par cœur, maîtrise et vitesse en volant, esquive d'objets invisibles, savoir faire vingt fois le même saut (vitesse + hauteur) en grimpant sur des javelots au dessus de la lave.... Bref, s'il y avait parmi vous des quiches en anglais, je n'ai pas besoin d'expliquer ce que DIE-and-RETRY veut dire.
 

Le travail des développeurs.

Heureusement, les développeurs nous ont mis un système de mot de passe et les « continue » infinis dans l'espoir que quelqu'un finisse leur jeu. Il sont tout de même assez généreux sur les check points également même si pas toujours bien placés. Quelqu'un peut finalement le finir en une aprem avec un peut de persévérance même si parfois une pause sera sans doute nécessaire. Par contre, de cette difficulté, c'est la qualité du level design qui en ressort. Les passages calculés à la seconde ou au saut près montrent que les développeurs se sont creusé un minimum la tête sans céder à difficulté « facile ». Ce que je veux dire par là c'est qu'ils n'ont pas remplis le jeu d’ennemis pour vous faire crouler sous les attaques. Pas de re-pop ou de méchants qui vous sautent à la gueule au dernier moment. La plupart des morts sont souvent dû aux phases de plate-forme même si on pourrait reprocher au jeu une gestion approximative des collisions et hitbox de certains éléments. Je pense notamment aux pics et aux javelots vers la fin du jeu qui, du coup, demandent plus de précision. Dommage parce que hormis cela, le jeu est assez satisfaisant sur le plan technique. Le style un peu dessin animé est graphiquement très bien rendu par la Super NES. Quant aux musiques, ce ne sont pas de grands chef-d’œuvres mais elles sont quand même plutôt honorables, pouvant parfois pimenter une situation déjà stressante. Ces deux facteurs permettent au jeu d'avoir une ambiance propre qui, sans être non plus transcendante, lui permet de ne pas se perdre parmi les centaines de jeux de plate-forme qui fleurissaient à l'époque.
Le découpage du jeu et de ses niveaux (avec une map), le level-design et les différentes phases de gameplay donnent quelque chose de particulier à la plupart des niveaux. On se rappellera alors des niveaux pour tel saut, tel passage ou tel boss. On a aussi droit à l'auto-scroll horizontal et vertical dans certains niveaux ainsi qu'un très court passage en chariot, non sans rappeler Donkey Kong Country.

On regrette qu'Ardy lightfoot n'ait pas été plus connu en son temps car il constitue une valeur sûre pour les amoureux de la plate-forme. Même si le gameplay aurait pu être affiné, tout comme la gestion de certaines collisions, il reste efficace et ses particularités, comme l'utilisation de Pec, le démarquent des autres standards du genre. Sa direction artistique plus que correcte et son level design réfléchit en font un parcours riche qui s'avérera de plus en plus tortueux à mesure que l'on progresse. De fait, le scénario peu original se fait vite oublier au regard du skill que le jeu nécessite. Il ne va pas sans dire qu'Ardy Lightfoot s'adresse aux joueurs un minimum expérimentés.
 

Ardy Lightfoot : 14/20

Les plus :
 
Les moins :
  • Un direction artistique plaisante. 
  • Un scénario qui donne un impréssion de déjà vu.
  • Les petites mises en scène.
  • Le difficulté en rebutera plus d'un
  • Un véritable challenge
  • Techniquement, on aurait aimé un peu plus de finesse (gameplay et collisions)

 

  • Le level design
  • Pec!

 


Sephirium - 2014-07-22 18:20:01

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