Critique - Murdered : Soul Suspect

Critique - Murdered : Soul Suspect

Annoncé il y a un peu plus d'un an, Murdered : Soul Suspect nous fait suivre les aventures d'un flic pas comme les autres. Pas d'homme torturé à la Max Payne ou intelligent comme un Sherlock, non ici c'est un fantôme...Ronan O'Connor, inspecteur de la ville de Salem, va être envoyé dans l'au-delà dés le début du jeu après une altercation plutôt musclée avec un tueur en série qu'il poursuivait, le bien nommé “Crieur des Morts”.

Peu après son arrivée dans le monde des fantômes, une apparition de sa femme morte 3 ans plus tôt vient lui apprendre que pour qu'ils soient réuni, il doit d'abord achever ce qui retient son âme sur terre. Dans la foulée il rencontre une petite fille fantôme nommée Abigaël, qui “accueille les nouveaux” et qui lui explique brièvement comment marche le monde des fantômes. Notre ami Ronan va très vite se mettre sur la piste de son meurtrier en commençant par inspecter la scène de son propre meurtre.


Des enquêtes !


On découvre alors le gameplay d'enquête qui sera exactement le même tout au long de l'aventure. Pas une fois il ne diffèrera vraiment. Vous devez chercher des indices sur les scènes de crimes et posséder les gens pour écouter leurs pensées ou influencer leurs faits et gestes. Dés que vous avez trouvé une grosse partie des indices, vous pouvez en arriver à la conclusion de l'enquête. Pour ce faire vous devrez sélectionner un ou plusieurs indices qui sont susceptibles de correspondre à la bonne réponse. Mais le jeu étant très scripté il vous arrivera souvent de pester contre lui parce-que vous n'avez pas choisi exactement ce qui est prévu (alors que ceux que vous aviez sélectionné sont parfaitement en accord avec le résultat). Ou encore pour pouvoir continuer l'histoire vous tournerez pendant des minutes entières pour trouver ce dernier indice obligatoire caché dans le fond de la corbeille à papier, dont la hitbox est aussi petite qu'une tête d'épingle. En plus de sa quête d'absolution, Ronan peu aider d'autres fantômes à régler leur problèmes dans des enquêtes secondaires plus ou moins intéressantes. Certaines valent le coup d'être faites car leur intrigue de base attise une certaine curiosité, mais pour la plupart c'est une perte de temps.

Des fantômes !


Très vite, notre inspecteur va découvrir comment se servir de ses pouvoirs de fantôme pour passer les obstacles qui barrent sa route dans les niveaux. Possession d'êtres vivants pour traverser les puits démoniaques ou les obstacles infranchissables par les fantômes (oui, à Salem ca existe), téléportation, poltergeist sur les objets électriques pour attirer l'attention des vivants ou encore pouvoir se dissimuler dans des résidus fantomatiques pour échapper aux démons qui voudraient sa peau. Oui il y a quelques ennemis (les démons, des fantômes déchus en gros) et vous les rencontrerez dans des phases d'infiltrations très simples et pas bien passionnantes, qui malgré quelques coups de pression si un démon vous voit, cassent complètement le rythme. Après quelques heures de jeu, Ronan ayant apprit qu'il y avait un témoin de son meurtre, va partir à sa recherche et faire équipe avec cette peste de Joy quand il l'aura retrouvé. C'est une jeune fille de 15 ans qui est medium, et qui cherche à retrouver sa mère, qui semble comme sa fille, liée à l'enquête que notre héros fantômatique doit résoudre. C'est à partir de ce moment que l'histoire devient passionnante et qu'on oublie les défauts de Murderer pour essayer de connaître le fin mot de l'histoire. En plus des deux protagonistes qui doivent s'aider à passer les obstacles et qui rajoute donc un peu de gameplay, les choses qu'ils vont découvrir vont faire travailler votre imagination et vont installer une ambiance de plus en plus inquiétante et glauque ! Bien sur tout est lié au paranormal, et les deux coéquipiers vont traverser un vieux cimetière, un hôpital psychiatrique et une maison abandonnée depuis des siècles où il s'est déroulé des choses pas bien jolies. Du gros cliché certes, mais l'ambiance, les décors et l'histoire étant magnifiquement travaillés, on se prend vite au jeu et on sursaute même facilement quand des démons se mettent à hurler. Les petits détails sonores renforcent encore l'immersion et les cris de l'hôpital vous glaçeront le sang à plusieurs reprises. On regrettera quand même de ne s'attacher que moyennement aux protagonistes de Murderer. Bien qu'on puisse ressentir de la sympathie pour Ronan, Joy est par moment difficilement supportable et son doublage n'est pas à la hauteur de celui de son coéquipier fantômatique (sans prendre en compte la synchronisation syllabique souvent à la ramasse). Et je ne parle pas des personnages secondaires, qui portent un peu trop bien leur nom.

De la tristesse !


Au niveau du contenu supplémentaire il faut aimer chercher et collectionner les petits textes narratifs que nous mettent généralement les devs pour augmenter artificiellement la durée de vie de leurs jeux. Certains sont néanmoins intéressants comme ceux liés au tueur, mais si vous ne cherchez pas à finir Murderer à 100% ça devient vite ennuyant. Avec une dizaine d'heures de jeu pour la quête principale et les quelques quêtes secondaires qui valent le coups, et malgré la rejouabilité quasi inexistante, la durée de vie est honorable au regard de la qualité de l'histoire et de l'ambiance. Soyons clair, c'est là le gros point fort du jeu. Le reste n'est que déception et frustration. Le matériau de base avait un potentiel tellement énorme, mais pour une raison qui m'échappe, les développeurs n'ont pas cherché à le sublimer.
Murderer: Souls Suspect est un jeu juste correct, alors qu'il aurait pu faire partie des grands, rappellant par moment les productions de Quantic Dream. Mais malgré tout, l'intrigue vaut largement le coup d'outrepasser ses défauts.
 

Murdered : Soul Suspect - 13/20

 

Les plus.

Les moins.

L'histoire et l'ambiance vraiment géniales.

L'intrigue qui met un peu de temps à se lancer.

Le concept de jouer un fantôme.

La rigidité et la redondance du gameplay.

Le décor de certains lieux visités.

Les phases d'infiltration qui cassent trop le rythme.

Des fois, on frissonne.

 


Ergher - 2014-06-17 11:30:01

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